Histoire du Limbourg Marcellin LAGARDE VII
VII REGNE DE WALERAN III 1221-1226
Waleran, avant de prendre possession du duché de Limbourg, était déjà maître de plusieurs seigneuries considérables, entre autres, de celles de Rolduc et de Montjoie. Nous avons vu aussi qu'à la suite de son mariage avec Cunégonde, fille de Goswin III, sire de Fauquemont, il avait hérité des biens de son beaufrère, Goswin IV, mort sans enfant. Waleran devenu veuf en l'an 1214, se maria avec Ermesinde, fille d'Henri l'Aveugle, comte de Luxembourg et de Namur. Cette princesse avait, comme nous l'avons dit, été mariée d'abord à Thibaut de Bar, dont elle avait eu une fille. Waleran lui apporta en douaire le marquisat et le château d'Arlon, que lui avait concédé son frère et qui ne rentrèrent plus dans la maison de Limbourg. Il s'engagea à respecter les privilèges et les libertés des Luxembourgeois et à ne vendre ni aliéner aucune partie de l'héritage de sa femme.
En contractant cette union il avait eu un motif secret qu'il ne tarda pas à faire connaître. Nous avons parlé de la cession de biens faite au comte de Hainaut par Henri l'Aveugle, et de l'acte par lequel celui-ci se rétracta, lors de la naissance d'Ermesinde. Nous avons vu comment, après une bataille gagnée par Baudouin V, le comté de Namur était resté à ce seigneur, qui le donna ensuite à Philippe son fils. Après la mort d'Henri l'Aveugle, l'empereur disposa du comté de Luxembourg en faveur de son frère Othon, de sorte qu'il ne resta à Ermesinde que quelques biens allodiaux. Thibaut de Bar racheta le Luxembourg, et ayant attaqué Philippe, comte de Namur, il obtint par un traité conclu en 1199, la partie de cette province située sur la rive droite de la Meuse. Philippe, à sa mort, laissa ses Etats à sa sœur Yolande, femme de Pierre de Courtenay, qui en vertu du principe qu'on avait fait prévaloir à l'égard d'Ermesinde, n'était pas non plus apte à succéder. Waleran saisit ce prétexte pour revendiquer le comté de Namur. Il l'envahit dès l'année 1214, y fit construire un fort pour s'y retrancher au besoin et assiégea successivement les châteaux de Bouvignes et de Namur. L'issue de cette expédition lui fut fatale ; repoussé de devant de ces deux places, il voulut repasser la Meuse sur le pont de Dinant ; ce pont se rompit et entraîna dans sa chute la plus grande partie de son armée, qui périt dans le fleuve.
Il paraît que deux ans plus tard il tenta une seconde expédition qui ne fut pas plus heureuse que la première ; quelques sièges de châteaux peu importants, pris et repris, en furent tout le résultat. On pense bien que, devenu duc de Limbourg, Waleran ne manqua pas de renouveler les prétentions auxquelles il avait déjà renoncé deux fois. Mais, ayant embrassé le parti de l'évêque de Metz contre les habitants de cette ville, qui s'étaient révoltés, on présume que cette guerre l'affaiblit au point de le contraindre à conclure en 1223, avec le comte de Namur, sous la médiation de l'archevêque de Cologne, un traité rédigé sur des bases analogues à celui de 1199. Ainsi, tant de sang versé de part et d'autre, tant de places assiégées, tant de campagnes sillonnées par des armées ennemies, n'avaient abouti qu'à maintenir les choses dans l'état où elles étaient depuis un quart de siècle.
Après avoir aidé le comte de Gueldre dans la guerre qu'entreprit ce seigneur pendant l'été 1224 contre l'archevêque d'Utrecht, pour venger ses vassaux des avanies qu'ils en avaient éprouvées, Waleran se rendit avec son fils Henri et son frère Gérard à la diète solennelle convoquée à Bardewick, pour y travailler avec Henri VII, roi des Romains, et son conseil, à la délivrance de Waldemar II, roi de Danemark, que le comte de Schwerin avait enlevé au retour d'une partie de chasse et qu'il tenait en prison depuis un an. Les trois princes accompagnèrent ensuite Henri VII à Toul et assistèrent à l'entrevue qu'y eut ce monarque avec Louis le Gros, roi de France, dans le but de confirmer la convention faite entre Frédéric II et Philippe Auguste, et par laquelle l'empereur s'était engagé à n'entrer avec l'Angleterre dans aucune alliance préjudiciable aux intérêts de la France.
Comme nous l'avons fait remarquer déjà, guerroyer était un besoin impérieux pour Waleran. L'inactivité lui pesait, il fallait l'air des batailles à cette rude poitrine couverte d'acier. Aussi le retrouvons nous dans le courant de l'année 1225, mêlé à la guerre que fit naître la mort de Gertrude, fille du comte Albert de Moha. On prétend d'un côté, qu'il réclamait pour lui une partie du riche héritage de Gertrude, et de l'autre qu'il ne prenait part à cette guerre qu'à titre d'allié du comte de Linange, époux de cette princesse.
Mais le règne de Waleran devait surtout être marqué par les divisions qui s'élevèrent entre lui et Engelbert, archevêque de Cologne, et qui préludèrent aux plus tragiques événements. Il avait fait construire, avant l'élection d'Engelbert, un château sur le territoire de l'archevêché ; il était assez commun alors de voir, sous prétexte de droits d'avouerie qu'ils avaient sur certains districts, les seigneurs élever des forteresses sur des bien-fonds appartenant aux églises. Un décret de l'empereur Frédéric II avait interdit ces sortes de constructions. Engelbert, en vertu de ce décret, exigea de Waleran qu'il démolit le château qu'il avait fait bâtir sur les terres de l'archevêché, et sur son refus d'obéir, le fit brûler et détruire de fond en comble. Démolir le manoir d'un chevalier était l'un des plus sanglants outrages qu'on pût lui faire. Il équivalait à lui jeter un gant à la figure, à souiller son blason, ou à briser son épée.
De là une haine implacable entre Engelbert et la maison de Limbourg, haine que le prélat ne tarda pas à envenimer encore. Henri, fils aîné de Waleran , avait épousé vers l'année 1248, Irmengarde, fille unique d'Adolphe, comte de Berg, dont l'héritage par conséquent, devait à sa mort entrer dans la maison de Limbourg. L'archevêque, frère du comte, dans le dessein d'empêcher que cet héritage n'échut à ses ennemis, essaya de faire annuler, pour cause de parenté, le mariage de sa nièce avec Henri, et n'ayant pu y réussir, prétendit lui-même à la succession de son frère. Waleran repoussa cette prétention. Mais l'archevêque, chef du conseil de l'empire et très puissant en cette qualité, réussit après deux années de contestations, à l'emporter sur son rival, qui fut obligé de consentir à ce qu'Engelbert jouît sa vie durant du comté de Berg. Seulement l'archevêque s'engagea à payer à Henri une redevance annuelle, avec promesse de lui laisser à sa mort les biens qu'il lui avait disputés. Le sort voulut qu'il les lui laissât plus tôt qu'il ne s'y attendait.
Une des deux filles que Waleran avait eues de son premier mariage, avait épousé Frédéric d'Altena, comte d'Isenberg. Frédéric, haut avoué de l'abbaye d'Essen affectait, paraît il, une grande malveillance pour cet établissement religieux, et l'abbesse en avait à plusieurs reprises, fait ses plaintes à l'archevêque. Celui-ci qui était parent de Frédéric, l'avait admonesté d'abord avec douceur ; puis s'apercevant que ses remontrances n'étaient pas écoutées, il l'avait menacé de le destituer de sa charge. Frédéric jura d'en tirer vengeance. Ayant appris qu'Engelbert devait se rendre à Schwelm, pour y faire la dédicace d'une église, il projeta soit de le tuer, soit simplement de s'emparer de sa personne. Il alla, suivit de vingt-cinq cavaliers, s'aposter dans une forêt que devait traverser l'archevêque. On ignore si le prélat, qui n'avait qu'une faible escorte, opposa quelque résistance à son ennemi ; tout ce qu'on sait , c'est que son corps fut trouvé percé de quarante sept coups de dague, au milieu de la route, où il resta tandis que le comte avec sa bande, s'empressait de regagner le château d'Isenberg. La dépouille de la victime fut relevée la nuit et déposée dans une abbaye voisine, d'où elle fut transférée à Cologne.
Le duc de Limbourg, à cette nouvelle, profita du trouble qu'elle avait fait naître dans l'empire, pour envoyer son frère Gérard et son fils Waleran assiéger un château que l'archevêque avait fait construire aux frontières du Limbourg, à peu de distance de Rolduc. Ce fort, désigné sous le nom de Valence, nom qui se retrouve dans celui du hameau de Wilnus, capitula après quatre jours de siège et fut entièrement ruiné. Les Limbourgeois regardaient cette construction comme un affront pour eux et comme un danger pour la sûreté de leur pays. Aussi, des bandes nombreuses de paysans armés de piques et de massues, aidèrent-elles à le démolir.
Le clergé de Cologne, vivement indigné en apprenant que le duc de Limbourg avait détruit Valence, craignant qu'il n'osât davantage et voyant les habitants de Cologne en proie à l'anarchie, se hâta de procéder à l'élection d'un nouvel archevêque, et le 15 novembre, Henri de Molenarck, prévôt de Bonn, fut promu à cette haute dignité. A peine élu, il jura solennellement de poursuivre à tout prix et de punir rigoureusement les assassins de son prédécesseur. Et, comme s'il eût voulu laisser indirectement percer ses soupçons, il refusa séance tenante, de donner à Waleran et à son fils Henri l'investiture des fiefs qu'ils tenaient de l'église de Cologne. Il se hâta ensuite de se rendre à Francfort auprès d'Henri VII, pour lui demander les moyens de tenir le serment qu'il venait de faire. Une diète, assemblée à la hâte prononça la proscription de Frédéric d'Isenberg, déjà excommunié ; ses biens furent confisqués et ses vassaux déliés de leur serment. Ces mesures ne frappaient pas seulement le coupable, elles atteignaient sa femme et ses enfants, qui se voyaient ainsi complètement déshérités.
L'archevêque s'empressa de faire exécuter le décret de la diète, ordonna à tous les vassaux de son église de se réunir comme pour une croisade, et une armée nombreuse se mit en marche vers le château d'Isenberg, situé à trois lieues de Coblentz, sur la Lenne et qui, au siècle dernier appartenait à la famille de Chimay. Cette armée sema partout deuil et l'épouvante, avant d'arriver sous les murs de la place qu'elle venait assiéger. Les historiens ne sont pas d'accord sur le résultat de cette expédition. Selon les uns, la comtesse seule se trouvait à Isenberg avec ses enfants, lorsque les cris féroces mêlés au choc des armures lui annoncèrent le danger qui la menaçait. Le château cependant était en très bon état de défense, mais la garnison quoique nombreuse, aurait éprouvé une si grande terreur à l'approche des assiégeants, qu'elle aurait cédé sans combattre. Il n'aurait été fait aucun mal à la comtesse, qui se serait retirée chez son frère Henri de Limbourg. Suivant une autre version, Marguerite n'était plus au château d'Isenbeg quand on vint l'assiéger ; Frédéric s'y trouvait encore. Il se défendit en désespéré, mais ne crut pas prudent d'attendre le moment fatal et prit la fuite.
Ses frères Guillaume et Godefroid le remplacèrent dans le commandement de la garnison, qui obligée enfin de se rendre, périt en partie sous la roue, en partie par le fil de l'épée.
Le comte Frédéric, dont la tête était mise à prix et que menaçait un supplice ignominieux, se hâta de passer les frontières de l'empire. Il ne pouvait trouver grâce que devant une seule autorité ; celle qui tient en réserve un pardon pour le repentir sincère. Il se rendit à Rome pour y faire pénitence et y solliciter son absolution du pape. Sa mère l'accompagna, ainsi que deux de ses frères, Thierry évêque de Munster, et Engelbert, évêque d'Osnabrück, que l'on avait accusés de complicité avec lui. La décision du souverain pontife est restée un mystère.
Frédéric, après un assez long séjour dans la ville sainte, se décida à la quitter pour venir demander au duc de Limbourg un asile dans son château, dont le pont-levis s'était abaissé déjà pour plus d'un proscrit.
Il s'était déguisé en marchand, et accompagné de deux valets, il était arrivé sans encombre jusqu'à Liège ; mais là il eut le malheur d'être reconnu par quelqu'un qui l'avait vu à Rome. Nous avons dit qu'une récompense avait été promise à celui qui le livrerait mort ou vif. Il se trouva un chevalier assez lâche pour chercher et mériter cette prime sanglante. Il avait nom Baudouin de Geneffe. Soit qu'il se fut lié récemment avec Frédéric, ou qu'il l'eût connu auparavant, il l'invita à un banquet et c'est à sa table même que le perfide l'arrêta et le fit charger de chaînes. Il le conduisit à Visé où il le remit entre les mains du comte de Gueldre, avoué de l'archevêché, dont il reçut pour prix de son infâme trahison, la somme de deux mille cent marcs. Un sort affreux attendait le malheureux comte d'Isenberg à Cologne, où il arriva le 10 novembre 1226.
Conformément à la sentence rendue par le roi des Romains lui-même, il fut d'abord lié sur un cheval et promené par les rues de la ville, au milieu des injures et des cris de la multitude. Ce supplice n'était qu'un faible prélude à celui qui se préparait. Trois jours après, il fut conduit devant la porte de Saint-Severin. Le bourreau l'étendit par terre et lui rompit à coups de cognée les bras et les jambes en seize endroits différents. Le patient, dans et horrible état de mutilation, fut placé sur une roue couverte de plomb, qu'on éleva sur un tas de pierres. C'est là qu'il devait rester et souffrir jusqu'à ce que mort s'ensuive. Frédéric, en attendant le moment fatal si lent à arriver montre un stoïcisme, une résignation sublimes, invoquant sans impatience, sans colère, le pardon de ses fautes, et conjurant les assistants de mêler leurs prières aux siennes. Ce n'est que le lendemain au matin que finirent ses tortures et qu'il expira. Les habitants de Cologne entonnèrent aussitôt un Te Deum autour de son cadavre. Leur rage était si grande qu'ils prétendirent conserver comme un monument la butte sur laquelle il avait rendu le dernier soupir, et qui subsista en effet jusqu'en 1473, où Charles le Téméraire, à son entrée dans l'électorat de Cologne, ordonna de la faire disparaître.
La providence, en permettant à la malheureuse comtesse d'Isenberg de mourir un peu auparavant, voulut sans doute lui éviter la douleur d'apprendre et l'arrestation et le supplice de son mari. La mère du condamné fut moins heureuse. Des historiens nous la font voir auprès de la roue où allait expirer son fils, soutenant son courage et par le récit d'un songe qu'elle avait autrefois, lui montrant que sa destinée était dans les décrets de la Providence. Elle avait rêvé, étant enceinte de Frédéric, que des corbeaux dévoreraient un jour les entrailles de son enfant. Outre les quatre frères de Frédéric, d'autres seigneurs furent accusés de complicité et dans le meurtre d'Engelbert. Excommuniés et mis au ban de l'empire, on les admit ensuite à présenter leur défense dans une assemblée de prélats et de vassaux de l'archevêché. Aucun d'eux, paraît il ne fut inquiété après la mort du comte, et parmi les suspects, contre lesquels les poursuites furent dirigées, nous ne voyons ni le duc de Limbourg, ni aucun de ses fils, quoiqu'une rumeur vague les accusât d'avoir été les moteurs du crime.
Waleran III, au contraire, continua a être parfaitement accueilli à la cour d'Henri VII, qu'il suivit même dans le voyage que ce monarque fit en Italie, à la demande de son père, l'empereur Frédéric II.
Cette expédition devait clore l'existence si remplie et agitée de Waleran III. Il mourut entre le 23 mai et le 2 juillet 1226. Un chanoine de Rolduc avait rapporté quelque temps auparavant, qu'en célébrant une messe pour le repos de l'âme d'Engelbert, ce prélat lui était apparu pendant le saint sacrifice, et lui avait annoncé comme prochaine la fin de ceux qui avaient participé à son assassinat. Gérard étant mort un mois après l'archevêque, et Waleran ayant suivi de près son frère dans la tombe, tandis que deux de ses fils étaient gravement malades, la coïncidence de tous ces faits ne manqua pas de frapper le vulgaire, et de fortifier les soupçons qui planaient sur la maison de Limbourg.
L'église de l'abbaye de Rolduc, ce Saint-Denis des princes limbourgeois, reçut la dépouille de Waleran III. Une tombe, surmontée de sa statue, y fut élevée en son honneur. Elle existait encore en 1687, mais comme le temps l'avait considérablement endommagée, les religieux en firent construire une autre exactement pareille et y transportèrent les ossements du duc ; seulement la première faisait saillie sur les dalles, au lieu que la nouvelle fut placée plus bas que le sol et recouverte d'un treillis. On reproduisit sur cette dernière, qui se voit encore aujourd'hui, l'inscription qui décorait l'ancienne et dont voici la traduction : « Waleran, fils du duc Henri, a été si grand par ses vertus que le trône impérial n'a point eu de prince qui lui fût égal. Il était duc de Limbourg, marquis d'Arlon et comte de Luxembourg ».
Ermesinde survécut longtemps à son époux. Elle ne mourut qu'en 1247, et gouverna le Luxembourg jusqu'à cette époque.
Waleran avait eu quatre enfants de son premier mariage : Henri, son successeur, Waleran qui épousa Isabelle, fille d'Ermesinde et de Thibaud de Bar, et qui hérita de la seigneurie de Fauquemont ; Mathilde, mariée à Guillaume III, comte de Juliers, et Marguerite, la malheureuse épouse de Frédéric d'Isenberg. De sa seconde femme il eut : Henri, dit Le Blond, qui hérita du comté de Luxembourg ; Gérard, seigneur de Durbuy, de Roussy, de Villance ; et Catherine, mariée à Mathieu II, duc de Lorraine.
Waleran III est donc le fondateur de la maison de Limbourg-Luxembourg, qui comme le remarque un ancien historien, a été une des plus célèbres et des plus puissantes de l'Europe. En effet, elle a donné quatre empereurs à l'Allemagne, dont trois rois de Bohême et un de Hongrie, six reines, dont une impératrice d'Occident, et plusieurs princesses qui ont illustré les maisons auxquelles elles se dont alliées. Indépendamment de ses domaines dans les Pays-Bas, elle possédait en Allemagne les duchés de Silésie et de Galicie, les marquisats ou margraviats de Moravie, de Brandebourg et de Lusace, et en France plusieurs duchés, pairies, comtés, vicomtés et autres seigneuries. Elle y a aussi obtenu plusieurs des grandes charges de la couronne, celles de connétable, de colonel général de l'infanterie, de grand chambellan, de grand boutillier, sans parler d'un grand nombre de chevaliers des ordres du roi. Nous pouvons citer parmi les maisons de France qui descendent de la famille de Limbourg-Luxembourg, celles de Ligny et de Saint-Pol, de Brienne, de Piney, de la Chapelle, de Fiennes, de Martignes et de Montmorency. Elle a également compté parmi ses membres des électeurs ecclésiastiques, d'autres illustres prélats, et même des personnages canonisés.
C'est par Henri le Blond, fils aîné de Waleran III et d'Ermesinde, que se propagea la ligne directe, ou impériale et royale, éteinte dans sa descendance masculine en 1457, par la mort de l'empereur Sigismond. Henri le Blond porta dans la maison dont il fut la souche, les armes de Limbourg (*), auxquelles seulement, en sa qualité de puîné de cette famille, il ajouta pour brisure des burelles d'argent et d'azur que ses descendants firent disparaître au XIVè siècle, lors de l'extinction du dernier membre de la ligne aînée des princes limbourgeois.
(*) Les armes de la maison de Limbourg étaient d'argent à un lion rampant de gueules, armé, lampassé, couronné d'or, ayant la queue fourchue et passée en sautoir.
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